Bonjour Geoffrey, peux-tu nous présenter TastyCloud ?

TastyCloud s’est spécialisé dans la création de menus digitalisés il y a maintenant plus de trois ans pour les restaurateurs et hôteliers. Nous avons commencé par répondre à la problématique de l’édition du menu papier et le renouvellement de l’expérience client sur la consultation de la carte, à travers un menu sur tablette proposé aux clients. Une nouvelle expérience informative autour des produits est ainsi proposée : des photos appétissantes de chaque plat, aux traductions pour la clientèle étrangère, en passant par les boissons recommandés, allergènes et consorts…

Très vite, cette nouvelle expérience visuelle a eu un impact immédiat sur la consommation des clients, ce qui nous a poussé à répondre à d’autres besoins gravitant autour du menu, tout en conservant l’idée d’une expérience utilisateur enrichie en contenus de qualité.
C’est ainsi que notre gamme de solutions s’est étoffée avec l’arrivée de la vente en ligne (click and collect), de bornes extérieures pour capter les riverains ou encore des écrans dynamiques à l’intérieur du point de consommation.

Aujourd’hui, c’est près de 300 clients qui ont adopté nos solutions de menus digitalisés dans plus de 30 villes en France et nous prévoyons de doubler nos références dans les prochains mois. 

Toi qui connais bien le marché de la restauration, comment vois-tu les choses aujourd’hui ?

A mon sens, nous arrivons clairement à une situation de rupture structurelle du marché, au regard des conséquences à la fois économiques et sanitaires liées au Coronavirus.

Il est important de segmenter ces deux axes, car ils vont demander aux professionnels de la restauration des adaptations spécifiques dans leur modèle économique et dans leurs habitudes au quotidien.

D’un point de vue économique d’abord, beaucoup d’établissements étaient déjà fragiles avant la crise et c’est malheureux de le constater : tous ne pourront pas se relever malgré les aides de l’état. Quand bien même les diverses exonérations pourront les soulager et les aider à survivre, le manque à gagner est tel que la poursuite de l’activité pourrait devenir trop périlleuse. Pour d’autres, l’incertitude et la prudence resteront quelques mois durant avant de voir le bout du chemin et de retrouver une activité économique au beau fixe ; la grande inconnue étant cette fameuse date de reprise.

Maintenant que le contexte est posé, il ne faut pas pour autant s’attendre à une fatalité : de nouveaux usages verront le jour, de nouveaux modèles pour générer du chiffres d’affaires seront généralisés et le restaurant de demain devra se prémunir de ces situations à risques.
Nous le constatons déjà avec de très nombreux restaurants qui rouvrent leurs portes en proposant à leur clientèle la vente à emporter ou en livraison.

Évidemment, l’hygiène ne sera pas en reste et les standards évolueront que ce soit pour le service à table ou la vente à en ligne. C’est d’ailleurs l’un des sujets sur lequel s’interroge beaucoup la profession et sur lequel des réponses devront à la fois être apportées par le ministère de la santé, ainsi que les professionnels de la HACCP dans les prochaines semaines.

Il est en tout cas légitime de se poser la question concernant l’avenir du menu papier, qui passe de mains en mains et dont le remplacement journalier s’avérerait forcément coûteux et chronophage. Des menus sur supports digitalisés, facile à nettoyer, pourraient-ils se démocratiser davantage ? La consultation du menu depuis le propre smartphone du client sera-t-elle la prochaine norme dans les usages ? Autant de questions que nous sommes en train d’élucider à notre propre niveau pour adapter nos solutions de menus digitalisés à la hauteur de cette crise sanitaire.

Par extension, il est évident que les clients verront également leur manière de “consommer le restaurant” évoluer. C’était déjà le cas depuis quelques années avec l’essor de la livraison. La transparence alimentaire sera elle aussi encore et toujours au coeur des préoccupations. Entre leur grande volonté de retourner rapidement au restaurant (selon une enquête Vertigo 79,2% des personnes interrogées, aller au restaurant ou boire un verre est la première activité qui manque aux confinés ) et la prudence relative au fait que nous devrons apprendre à vivre avec le virus pendant de nombreux mois ; il faudra pour les restaurants une adaptation rapide pour répondre aux nouvelles attentes du consommateur “post-confiné”.

Vraisemblablement, une reprise partielle de l’activité en salle sur un nombre de couverts restreint, respectant les règles de distanciation sociale, combinée à une activité de vente à emporter pour générer un volume d’affaires plus important, me semble être une projection adéquate et faisable jusqu’à la fin de l’année.

Quel impact sur les entreprises de la Foodtech comme TastyCloud ?

Il y aura de toute évidence un avant et après Covid-19 et les fournisseurs de services ne sont pas en reste. La fermeture imposée aux restaurants est tout aussi ravageuse pour des acteurs comme les nôtres et nous vivons depuis presque deux mois au rythme des potentielles déclarations concernant la reprise de l’activité dans notre secteur. 

Notre devoir est néanmoins d’assurer la suite des événements et d’accompagner dans les meilleures conditions la réouverture de nos restaurants clients et d’anticiper les nouveaux besoins pour les clients de demain.

Cela nous demande une grande capacité d’adaptation dans la mesure où nous devons moduler notre business model en priorisant notre outil de vente en ligne à travers toutes nos ressources techniques et opérationnelles. C’est pourtant nécessaire car nous remarquons une forte demande depuis quelques semaines de la part de nombreux restaurants partout en France, cherchant à se réinventer dans ce moment de grande difficulté. Quelque part, cette résilience les poussent, à raison, à investir dans le futur et se tourner vers l’après covid.
Nous avons ainsi bousculé nos priorités et décidant d’offrir pendant cette crise notre outil de vente en ligne à tout restaurant qui le souhaite, sans distinction ou condition particulière.

Pourquoi avoir choisi d’offrir votre solution de commande en ligne ? Comment l’offre a-t-elle été reçue ?

Tout simplement pour répondre favorablement à besoin palpable dans un contexte de crise. Il nous a paru évident qu’il fallait pouvoir se positionner en tant qu’acteur solidaire pour accompagner la profession tout en se mettant au devant de la scène médiatique et professionnelle pour afficher nos valeurs et notre ambition pour l’avenir.

Offrir la solution de vente en ligne durant la crise n’est pas anodin : cela nous permet d’être confronté directement et quotidiennement aux nouvelles problématiques du terrain et de rester au coeur des préoccupations. C’est aussi l’opportunité d’améliorer la solution en un temps très court grâce à l’installation de très nombreux restaurants dont les besoins peuvent varier en fonction de leur typologie de restauration.

A titre d’exemples, nous avons eu depuis le début de la crise plus de 300 demandes d’installation concernant notre offre de vente à ligne. Pour ceux installés, c’est plus de 9000 commandes passées et près de 320 000€ de chiffre d’affaires réalisés pour ces restaurants.
Grâce à cet élan, nous allons être en mesure de répondre aux besoins du plus grand nombre et en capacité d’équiper plus de 400 restaurants par mois dans les semaines à venir. C’est le challenge que nous nous donnons afin d’être à la hauteur de la réactivité attendue par le marché. 


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